Première Division

Tutoyer les sommets

Le retour au sommet (1964 – 1971)

L’accession à la division nationale, attendue depuis plusieurs décennies, scelle la réussite de deux clubs, de deux villes, mais aussi d’une entreprise : Formica.

En effet, 21 des 26 artisans de la montée et du titre travaillent dans cette entreprise où, sans être des professionnels, ils bénéficient d’un certain nombre d’avantages leur permettant de concilier sport de haut niveau et vie professionnelle.

Cette accession à l’élite du rugby national n’est pas une fin en soi. En effet l’objectif majeur des dirigeants du club est alors de pérenniser la présence de l’U.S.Q.E. à ce niveau. Bien sûr chacun sait dans la Haute-Vallée que cela ne sera pas facile… mais l’équipe est sur une dynamique de victoires, l’équipe a déjà une ossature de nationale et des joueurs expérimentés, l’effectif est jeune, de plus des jeunes très prometteurs s’affirment à chaque sortie comme Cazales, demi-d’ouverture et international junior.

Au cours de l’inter-saison des rumeurs parcourent la Haute Vallée, la plus répandue étant l’éventuelle fusion de l’U.S.Q.E. avec Carcassonne. La réponse du président Mullot est sans ambages : cette fusion avec le club de la Préfecture n’est pas envisageable que ce soit à court terme comme à long terme… pour lui, il existe une entité Haute-Vallée de l’Aude qui s’oppose à ce rapprochement avec Carcassonne.
Si l’entente avec Espéraza a été possible et fructueuse cela tient à la proximité des deux communes, aux liens préexistants, à une culture et des mentalités proches, au fait que l’alternance des matchs à domicile ne briment aucun des deux publics sans les contraindre à faire 100 km pour assister à un match.

L’U.S.Q.E. va alors faire une carrière tout à fait honorable en nationale. Les meilleures équipes de l’hexagone viendront tomber en Haute-Vallée. Régulièrement les supporters de l’U.S.Q.E., comme leurs voisins narbonnais, connaîtront les joies des phases finales, ces grandes fêtes païennes du monde de l’Ovalie.

L’apprentissage est cependant difficile. Pour sa 1ère saison de l’élite, l’U.S.Q.E. sauve sa tête in extremis. La victoire obtenue à Cahors lors de l’avant dernière journée chamboule les données de la poule. Cahors, Foix et l’U.S.Q.E. vont jouer leur saison sur le dernier match.

Pour cette dernière journée, Cahors se rend à Vichy tandis que l’U.S.Q.E. reçoit le leader de la poule Bègles et ses vedettes : Crampagne, Trillo, Lafourcade, etc… L’U.S.Q.E. doit vaincre, mais un nul suffirait en cas de défaite de Cahors à Vichy. L’U.S.Q.E. et Bègles ne peuvent se départager : 5 à 5. Dans le même temps, Cahors est battu à Vichy. A égalité de points avec les Cadurciens, les “Usquéistes” tirent profit de leur victoire à Cahors pour sauver leur tête en nationale.

US Quillan-Espéraza-Tulle en 1966

Quillan-Angoulême saison 1965-66. Dégagement de Daniel Camiade

US Quillan Espéraza-Chalon sur Saône

La saison suivante, les points perdus à domicile face au dernier de la poule le Stade Toulousain (0 à 0), Angoulême (6 à 6) et Agen ne permettent pas d’obtenir la qualification… l’U.S.Q.E. se classe 33ème club et 1er non qualifié.

Cependant dans le même temps, l’équipe obtient son billet pour les quarts de finale de la coupe de l’Espérance. Vainqueur de Montauban (19 à 3) sur le terrain de Foix, l’U.S.Q.E. se qualifie pour la demi-finale de ce challenge.

Sur le terrain du stade Jean Alric à Aurillac, transformé en bourbier par les pluies incessantes, l’Entente affronte La Rochelle pour le compte de cette demi-finale. Un malheur n’arrivant jamais seul, si les joueurs de l’U.S.Q.E. sont bien présents dans le Canton, il n’en est pas de même des licences qui elles n’ont pas fait le déplacement… ainsi que les cartes d’identité de certains joueurs.

Seule la sportivité des dirigeants rochelais permet le déroulement de ce match. En effet ces derniers autorisèrent l’arbitre à laisser jouer tout le monde. Ce beau geste de “fair-play” n’empêchera pas la victoire de l’U.S.Q.E. : 8 à 3 (un drop et un essai de Cazales et une transformation de Camiade).

La finale se joue presque à domicile… sur le terrain de Carcassonne ; face à l’U.S.Q.E. une équipe redoutable : Graulhet. Après une entrée en matière fracassante, l’U.S.Q.E. craque physiquement et ne peut s’opposer au retour des Tarnais en meilleure forme physique puisque qualifiés pour les phases finales du championnat. Victorieuse 14 à 5 de l’Entente, Graulhet remporte pour la 4ème fois ce trophée, mais l’U.S.Q.E. a été un interlocuteur valable.

La même saison, l’équipe réserve obtient le titre de Champion du Languedoc aux dépens du R.C. Narbonne… et poursuit sa route en Championnat de France. Malheureusement l’aventure des phases finales s’achève sur le terrain de Châteaurenard face au R.C. Toulon au terme d’un match plutôt houleux.

A l’automne 1966, les rouge et bleu entament leur 3ème saison en Nationale. Personne ne pensait alors que l’U.S.Q.E. prenait le départ de sa plus belle des saisons depuis son retour en nationale. Les mois de vacances ont été fertiles en péripéties : Martre, Milles et Guinard ont pris leur retraite sportive, d’autres sont partis sous d’autres cieux : Bellecoste, Galy, Dupré et Serret.

Pour combler les vides causés par ces départs, le club enregistre les rentrées de Ros et Pidoux qui après une année de purgatoire (pour cause de mutation) peuvent enfin récupérer leurs licences.

Au panthéon du rugby quillanais, les figures emblématiques sont nombreuses… au sein de ce panthéon, Henri Pidoux occupe une place privilégiée. Si tous les joueurs, sans exception, ont participé à l’histoire du club, ce n’est pas leurs faire injure que d’écrire que certains ont laissé dans la mémoire sportive collective une trace plus importante ; c’est le cas d’Henri Pidoux qui fut un personnage clé du club à la fin des années 1960 et durant les années difficiles.

Personnalité attachante, Pidoux su se faire apprécier de tous, partenaires et adversaires apprécièrent son “fair-play”, sa gentillesse, sa correction, son sens du jeu, sa classe balle en main, son courage, son sens du devoir et du sacrifice… ses nombreuses blessures prouvant bien que pour lui ces valeurs là n’étaient pas que de vains mots. Gentleman du rugby, Henri Pidoux fut un parfait sportif dans la plus saine acceptation du terme.

En espérant que ces quelques lignes ne froisseront pas quelques susceptibilités mal placées, je sais que ce petit hommage ira droit au cœur de tous ceux qui l’ont apprécié en tant que partenaire ou ami… et qui n’ont pas encore surmonté sa disparition tragique.

Le rugby, ce n’est pas seulement des résultats et des classements. C’est aussi des histoires d’amitié… celle-ci en fut une.

Revenons-en à l’historique du club. Le début de saison semble donner raison aux pessimistes, à tous ceux qui pensaient que l’U.S.Q.E. allait connaître une année difficile.

Suite à quelques incidents, en particulier contre Lannemezan, le club s’attire les foudres fédérales au lendemain du match contre Périgueux, l’U.S.Q.E. apprend le retrait de licence de quatre de ses joueurs. Le mauvais sort semble s’acharner sur l’U.S.Q.E.

Or, c’est dans l’adversité que l’Entente va se retrouver. La courte victoire de Brive à Quillan (3 à 0) va insuffler un second souffle à l’équipe : tour à tour Tulle, le Stade Toulousain, Carmaux, Périgueux tomberont en Haute-Vallée… tandis que le P.U.C. et Foix seront battus sur leurs terrains. L’U.S.Q.E. termine 3ème de la poule et pour la 1ère fois depuis son retour gagne le droit de disputer les phases finales du Championnat de France.

Le 9 avril 1967, au stadium municipal à Toulouse, l’U.S.Q.E. réussit l’un des exploits de ces 16ème en venant à bout de l’Aviron bayonnais : 6 à 5… un drop de Puget et une pénalité de Camiade contre un essai de Bafcop transformé par Dufourg.

Au cours de cette partie, l’U.S.Q.E., avec quatre juniors dans l’équipe, prouve à ses détracteurs et au public toulousain, avec qui les relations n’étaient pas trop cordiales, que l’on sait jouer au rugby dans la Haute-Vallée et de manière correcte. Cette bonne performance sera malheureusement sans suite. En 8ème Quillan affronte Montauban sur le terrain de Tarbes ; malgré la cohorte de supporters qui a effectué le déplacement en Bigorre, Montauban s’impose largement : 19 à 3.

Cependant Quillan n’aura pas à rougir de cette défaite puisque quelques semaines plus tard les Montalbanais deviennent Champions de France en battant Bègles sur le score de 11 à 3.

L’exercice 1967/1968 sera lui aussi un bon cru, le club doyen de la Haute-Vallée termine 3ème de sa poule et obtient sa qualification pour les phases finales… avec au passage un nul obtenu sur le terrain du Champion de France (9 à 9) et une victoire sur ce dernier à domicile (8 à 5), ainsi l’honneur est sauf.

1966 US Quillan Espéraza-Agen

Quillan-Espéraza  Paris Universitaire Club.

US Quillan Espéraza-Stade Toulousain

US Quillan Espéraza-USA Perpignan

US Quillan Espéraza-Montauban

Match à Jean Biart à Espéraza, adversaire?

1967 contre l’USAP. Jean-Pierre Codina

Commentaires de Bernard Sanchez.

 

Photo  de l’USQE;  l’équipe qui a joué et perdu la finale du Challenge de l’Espérance à l’époque . Pas mal de personnes ignorent la performance de cette équipe . Alors petit rafraîchissement de la mémoire pour les uns, en mettant les autres à l’honneur.

 La photo : le 15 mai 1966 à Carcassonne ( stade A .Domec ) en Finale du Challenge de l’Espérance. Graulhet bat l’USQE par 14 à 5.

L’équipe de gauche à droite :

1) debout : Clément-Burgas-Rouger-Bellecoste-Membrives-Séret-Sein-Dupré

2) accroupis : Carola-Astor-Puget-Camiade-Pujol-Guinard-Casteiltort .

1968 contre l’US Carcassone

 

1969-US Quillan Espéraza-Stade Toulousain

1969 US Quillan Espéraza-Lavelanet

1969 US Quillan Espéraza-Racing Club de France

US Quillan avant le match contre Tarbes à Jean Bourrel

1970 Visite du Président Ferrasse à Quillan